French (Fr)English (United Kingdom)
 

Publication director :
Olivier Martin

Editorial manager :
Rozenn Le Guyader

Webmaster :
Thierry Balliau

No translation found

Dans une étude publiée dans la revue Genome Biology and Evolution, Maud Tenaillon, Jos Käfer et Gabriel Marais, tous trois chercheurs au CNRS, ont étudié la visibilité des femmes lors de la conférence annuelle de la SMBE, en s’appuyant sur le protocole élaboré par Avelyne Villain, Marie Fernandez, Université Lyon/UJM Saint-Étienne, et Clémentine Vignal, professeure à Sorbonne Université.

Ces chercheurs ont quantifié les différences de comportement des femmes et des hommes sur un échantillon de participants à la conférence annuelle de la Society for Molecular Biology and Evolution (SMBE), une des principales conférences internationales en biologie évolutive. Si le nombre de présentations orales données par des femmes augmente depuis 2001, celles-ci posent moins de questions aux orateurs que les hommes.

ilustration numérique des comportementsLe manque de visibilité des femmes scientifiques dans la communauté est un frein connu à leur avancement de carrière, et pourrait expliquer pourquoi la proportion de femmes diminue tout au long de l’avancement dans les carrières scientifiques. Un aspect important de la visibilité des scientifiques est leur participation à des conférences internationales.

Maud Tenaillon, membre du conseil de la société savante SMBE, Jos Käfer et Gabriel Marais ont lancé une étude sur la visibilité des femmes lors de la conférence annuelle de la SMBE. Leurs résultats montrent qu’au cours des 16 dernières années, de plus en plus de femmes donnent des présentations orales, ce qui contribue à améliorer leur visibilité. L’augmentation observée pourrait être en lien avec la politique inclusive menée par la SMBE : une attention particulière à la parité dans les invitations, et des mesures pratiques en faveur de la participation des femmes (notamment en ce qui concerne les grades d’enfants). Par ailleurs, aucun biais de genre n’a été constaté au cours du processus de dépôt et de sélection des orateurs et oratrices dans les conférences récentes.

De leur côté, Avelyne Villain, Marie Fernandez et Clémentine Vigna ont initié un projet sur l’étude des questions posées dans les conférences scientifiques. C’est en utilisant leur protocole que J. Käfer, G. Marais, M. Tenaillon et une équipe de volontaires ont consigné les questions posées lors de deux conférences SMBE récentes (2015, 2016). Ces données ont révélé que, après les exposés oraux, les femmes posaient moins d’un tiers des questions. Cette différence entre femmes et hommes reste très significative, même après correction pour le biais de participation femmes-hommes à la conférence.

Cette observation est confirmée par d’autres études récentes, mais ses causes ne sont pas encore comprises. Le fait que les étudiants, doctorants et post-doctorants, parmi lesquels la proportion de femmes est la plus élevée, posent moins de questions que les chercheurs ayant une carrière établie pourrait expliquer une partie de cette sous-représentation. Mais des idées stéréotypées à propos du rôle des femmes dans la société et dans les sciences pourraient aussi être à l’origine de ces différences de comportement. Ce constat appelle à réfléchir à de nouvelles mesures pour promouvoir la visibilité des femmes lors des conférences.

Jos Käfer Andrea Betancourt Avelyne S Villain Marie Fernandez Clémentine Vignal Gabriel A B Marais Maud I Tenaillon (2018) Progress and Prospects in Gender Visibility at SMBE Annual Meetings. Genome Biology and Evolution, Vol. 10, Issue 3, ..901–908