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Pyrale du maïs

Chasse aux pyrales dans les champs de maïs

L’équipe BASE au Moulon et ses collaborateurs du laboratoire EGCE cherchent à comprendre les interactions entre le cycle de vie de plants de maïs cultivés et celui d’un de leurs parasites, la pyrale du maïs1.

Inoussa Sanané, doctorant de l’équipe BASE co-encadré par EGCE, a pour sujet de thèse l’étude de la dynamique de l’interaction entre le maïs et la pyrale, son parasite lépidoptère.

Il cherche à déterminer comment les insectes et leurs larves choisissent les plants de maïs auxquels ils vont s’attaquer. On sait que les insectes sont capables de choisir entre plusieurs plants de maïs ; mais on comprend mal les informations qu’ils utilisent pour déterminer leur choix. Il pourrait s’agir du stade de développement des plants (exemple : feuilles tendres ou tiges ligneuses), de leur capacité à synthétiser des substances nutritives (exemple : sucres solubles) ou à se défendre (exemple : émission d’odeurs antiappétentes).

À terme, l’objectif de la thèse serait de proposer aux agriculteurs de cultiver des mélanges de variétés de maïs, qui comprendraient des variétés non attractives pour les insectes. De cette façon ils maîtriseraient la pression parasitaire au niveau du champ cultivé sans utiliser d’agents chimiques.

Quentin Mettray, stagiaire du master BEE, et Inoussa Sanané ont imaginé un dispositif expérimental au champ. Cet été, ils ont équipé les parcelles de maïs de pièges à phéromones, destinés à capturer les insectes adultes ; le suivi hebdomadaire consiste désormais à mesurer l’infestation des plants par les larves foreuses de tiges. Une mémorable séance de piégeage nocturne a été organisée en juillet.

En capturant des adultes mâles et femelles, Inoussa Sanané a pu démarrer un élevage de pyrales en laboratoire. Les larves présentes sur les plantes présentent une assez forte diversité génétique. Cette observation indique que les larves sont surtout issues de l’arrivée d’adultes par migration plutôt que du développement de larves de la génération précédente dans les résidus de culture. L’analyse des infestations montre aussi le mode de déplacement des larves de plante à plante.

 

dispositif de piégeage

Panne du groupe électrogène

Pour démontrer l’intérêt qu’ont des larves de pyrales pour certains plants de maïs, Inoussa Sanane a mis au point un test de consommation basé sur la mesure de la vitesse de consommation, par les larves d’élevage, de disques foliaires de maïs prélevés au champ. Ce dispositif ingénieux a d’ores et déjà permis de montrer la préférence des larves pour certaines variétés de maïs.

En parallèle, Judith Legrand (GQE-Le Moulon) et François Rebaudo (EGCE) développent des modèles mathématiques originaux pour prévoir les pics d’infestation en fonction de la température et des variétés de maïs cultivées.

Judith Legrand et Christine Dillmann, de l’équipe BASE à GQE-Le Moulon, collaborent avec des chercheurs de l’UMR EGCE (Laure Kaiser-Arnauld, François Rebaudo, Frédéric Marion-Poll) dans le cadre de projets financés par le LabEx BASC (projet Itemaize coordonné par C. Dillmann) et par l’IDEEV (projet Phenomara coordonné par Laure Kaiser, EGCE).

 

1La pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) est un papillon de nuit (lépidoptère) dont les larves (chenilles) ravagent les plants de maïs en s’attaquant aux tiges et aux épis dont elle se nourrit en les forant.

Ponte de pyrale en élevage Chenille au stade précoce de son développement Déjections de pyrale sur un plant de maïs infesté
Ponte de pyrale en élevage :
amas de gélose et
une quarantaine d'œufs
Chenille à un stade précoce
Chenille au stade 5 de son développement Chrysalide de pyrale
Chenille au dernier stade de son développement Chrysalide de pyrale Déjections de pyrale sur un plant de maïs infesté

 

Photos : Judith Legrand, Rozenn Le Guyader et Inoussa Sanané - GQE-Le Moulon - 2018